Réduire son anxiété, mieux gérer son stress au quotidien… un souhait partagé par un grand nombre d’entre nous. Et si une partie de la réponse se trouvait aussi dans notre intestin ?
Depuis quelques années, les psychobiotiques suscitent un intérêt croissant. Ce terme désigne certaines bactéries intestinales susceptibles d’agir sur la communication entre le microbiote et le cerveau, influençant différents aspects de la santé mentale et de l’humeur.
Cette piste s’inscrit dans l’essor des recherches consacrées au microbiote intestinal et à son influence sur l’axe intestin-cerveau, un canal de communication bidirectionnelle reliant le tractus digestif au cerveau. Les découvertes se multiplient et dessinent peu à peu les contours d’une relation particulièrement complexe entre nos intestins et notre équilibre psychique.
Pourquoi nous traitons ce sujet
Le dialogue entre l’intestin et le cerveau est aujourd’hui l’un des domaines les plus étudiés autour du microbiote. Dans ce contexte, le terme « psychobiotique » apparaît de plus en plus souvent, parfois accompagné de promesses qui vont plus vite que l’état actuel des connaissances.
En tant que laboratoire de micronutrition, nous souhaitons expliquer ce que recouvre réellement ce concept, comment fonctionne l’axe intestin-cerveau et, surtout, distinguer les mécanismes étudiés des bénéfices qui restent encore à démontrer. Car lorsqu’il s’agit du microbiote, la souche étudiée, le contexte et le niveau de preuve comptent autant que le terme utilisé.
La rédaction VitanutricsLaboratoire de micronutrition
Ce qu’il faut retenir :
- Les psychobiotiques participent aux interactions entre l’intestin et le cerveau, contribuant au bien-être mental.
- Ils agissent sur l’axe microbiote-intestin-cerveau, qui permet à l’intestin et au cerveau de communiquer en permanence.
- Certaines souches bactériennes semblent particulièrement intéressantes pour agir sur différents mécanismes cérébraux (stress, humeur, fonctions cognitives).
- Un régime alimentaire riche en prébiotiques et en aliments fermentés contribue à l’équilibre du microbiote et au bien-être psychique.
- Des compléments alimentaires peuvent accompagner cette démarche, en contribuant à l’équilibre du microbiote et à la gestion du stress.
Les compléments alimentaires qu’il vous faut
Psychobiotiques : des bactéries intestinales qui influencent le bien-être mental
Qu’est-ce qu’un psychobiotique ?
Notre intestin abrite une communauté microbienne particulièrement complexe, appelée microbiote intestinal. Au fil des recherches, celui-ci s’est révélé impliqué dans de nombreux mécanismes de l’organisme, comme la digestion, l’immunité, la santé mentale ou encore la production d’hormones.
Dans ce contexte, les psychobiotiques désignent des bactéries bénéfiques (probiotiques) ou des supports favorisant ces bactéries (prébiotiques). Leur particularité ? Ils pourraient moduler positivement les interactions entre le microbiote, l’intestin et le cerveau.
D’où vient le terme « psychobiotique » ?
Le terme « psychobiotique » apparaît pour la première fois en 2013, sous la plume de scientifiques irlandais. (1) À l’origine, cette appellation désignait uniquement un sous-ensemble de probiotiques considérés comme potentiellement bénéfiques pour les personnes présentant des troubles psychiatriques.
Depuis, la définition s’est élargie. Le terme psychobiotique englobe désormais à la fois les fibres fermentescibles (ou prébiotiques) et les « bonnes » bactéries (ou probiotiques), susceptibles de contribuer à la santé mentale et neurologique. (2)
Psychobiotiques pour la santé mentale : que disent réellement les études ?
Les recherches consacrées aux psychobiotiques s’intéressent notamment à leur potentiel dans le déclin cognitif (3) et la dépression. (4) Une étude consacrée à l’utilisation des probiotiques dans la dépression a associé leur consommation à une diminution des manifestations dépressives, avec un effet particulièrement observé chez les personnes âgées de moins de 60 ans. (5) D’autres études ont montré que certaines souches de probiotiques pourraient atténuer les effets de l’anxiété.
Cependant, ces données restent à approfondir. Des études supplémentaires chez l’être humain sont nécessaires, notamment pour mieux comprendre les mécanismes biologiques des psychobiotiques.
Axe intestin-cerveau : le bien-être mental commence dans l’intestin
Quand le ventre dialogue avec le cerveau
Les psychobiotiques agissent sur le système nerveux via l’axe intestin-cerveau. Les mécanismes par lesquels ils pourraient moduler cet axe restent toutefois encore incertains et semblent dépendre de la souche microbienne concernée.
Certaines bactéries intestinales produisent différents neurotransmetteurs, parmi lesquels l’acide γ-aminobutyrique (GABA), l’acétylcholine, la dopamine et la sérotonine. Au-delà de leurs interactions avec la physiologie intestinale, ces molécules peuvent intervenir dans les échanges entre l’intestin et le cerveau, grâce aux voies neurales. Ces différents signaux participent ainsi à la communication entre l’intestin et le cerveau et peuvent influencer le fonctionnement cérébral.
Néanmoins, les mécanismes précis par lesquels les psychobiotiques modulent l’axe intestin-cerveau restent encore mal connus.
Les souches probiotiques bénéfiques contre le stress et l’anxiété
Certaines souches font l’objet de recherches plus approfondies et présentent des mécanismes d’action différents, mais potentiellement complémentaires.
Lactobacillus rhamnosus figure parmi les souches étudiées. Elle contribue à la production de GABA dans l’intestin et participe au maintien de l’équilibre du microbiote. Ses effets potentiels ont notamment été explorés dans le cadre du bien-être psychologique et du confort digestif. (6)
Autre souche particulièrement étudiée : Lactobacillus helveticus. Les recherches s’intéressent notamment à son intérêt pour le bien-être émotionnel. Des essais randomisés contrôlés ont ainsi rapporté, après plusieurs semaines, une amélioration du confort psychologique et du sommeil. (7)
De son côté, Lactobacillus plantarum intervient dans le maintien de l’intégrité de la barrière intestinale et participe à l’équilibre du microbiote. Cette souche contribue également au confort digestif en période de tension, notamment lorsque le stress s’accompagne d’un transit irrégulier. (8)
Enfin, Bifidobacterium longum participe à la communication entre l’intestin et le cerveau via le nerf vague, tout en contribuant à l’équilibre du microbiote. Des études ont observé une amélioration du confort psychologique lorsque cette souche est consommée en association avec d’autres souches. (9)
Ces souches montrent des pistes prometteuses, mais ne remplacent pas un traitement médical. Leur efficacité peut varier d’une personne à l’autre en fonction du microbiote, du mode de vie et du contexte de santé.
Prendre soin naturellement de son microbiote au quotidien
L’alimentation, premier levier pour nourrir sa flore intestinale
L’alimentation joue un rôle majeur dans l’équilibre de la flore intestinale. À ce titre, elle pourrait contribuer à soutenir le moral lorsqu’elle apporte des composés psychobiotiques. Parmi eux figurent les aliments fermentés et ceux naturellement riches en prébiotiques.
Le régime psychobiotique mise donc sur des aliments sources de prébiotiques, comme les oignons, la laitue, le chou, la pomme, la banane ou encore les céréales complètes, ainsi que les aliments fermentés tels que la choucroute, le kéfir et le kombucha.
Une équipe de chercheurs s’est intéressée aux effets de ce type d’alimentation. (10) Dans cette étude, le régime du groupe « psychobiotique » reposait sur une alimentation riche en aliments bénéfiques pour le microbiote intestinal et en produits fermentés, tout en limitant les friandises, les sodas et les aliments de type « fast-food ». En parallèle, le groupe contrôle recevait simplement des conseils diététiques fondés sur les principes d’une alimentation équilibrée. Après quatre semaines, les deux groupes ont bénéficié d’une évolution de leurs habitudes alimentaires, avec une baisse du niveau de stress. Toutefois, cette diminution n’a atteint un niveau significatif que dans le groupe suivant le régime psychobiotique. Plus celui-ci était suivi avec assiduité, plus la réduction du stress apparaissait importante.
Les compléments alimentaires, des alliés pour le bien-être intestinal et mental
Parce que le microbiote participe aux échanges entre l’intestin et le cerveau, prendre soin de sa santé digestive peut aussi contribuer au bien-être mental. Vitabiotic Immune (lien produit) associe ainsi des souches microbiotiques à du shitaké, de la vitamine C et du zinc. Sa technologie « Double Caps » vise à protéger les souches des sucs digestifs, tandis que chaque gélule apporte 10 milliards de souches microbiotiques. Une approche qui s’intègre dans une démarche globale de soutien de l’équilibre intestinal.
Mais l’axe intestin-cerveau fonctionne dans les deux sens : le microbiote peut influencer le cerveau, tandis que le stress et les émotions peuvent également se répercuter sur le confort digestif. D’où l’intérêt d’agir sur les deux dimensions lorsque les périodes de tension s’installent. Pour accompagner un stress ponctuel, VITASTRESS Instant propose une formule en spray buccal associant L-théanine, huile essentielle d’orange douce et vitamine B6, qui contribue au fonctionnement normal du système nerveux et à des fonctions psychologiques normales. Pour une approche davantage orientée vers la résistance au stress et le sommeil, VITASTRESS GABACTIV associe GABA, safran, ashwagandha et aubépine.
Les psychobiotiques ouvrent ainsi une piste intéressante pour soutenir le bien-être intestinal et mental. Si les premières données sont encourageantes, les recherches se poursuivent pour mieux préciser leurs mécanismes et leurs bienfaits.
Sources scientifiques :
- Dinan T, Stanton C, Cryan J, Psychobiotics: A Novel Class of Psychotropic, Biological Psychiatry, 2013; 74, 720-726
- A narrative Review of Psychobiotics: Probiotics That Influence the Gut-Brain Axis, Laima Kimse et al., Medicina 2024.
- Effectiveness of Psychobiotics int the Treatment of Psychiatric and Cognitive Disorders: A Systematic Review of Randomized Clinical Trials, Freiser Eceomo Cruz Mosquera et al., Nutrients 2024.
- From gut to brain: unveiling probiotic effects through a neuroimaging perspective-A systematic review of randomized controlled trials, Annachiara Crocetta et al. Front. Nutr. 2024.
- Huang R, Wang K, Hu J. Effect of Probiotics on Depression: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Nutrients. 2016 Aug 6;8(8):483. doi: 10.3390/nu8080483. PMID: 27509521; PMCID: PMC4997396.
- Bravo J.A. et al. – Ingestion of Lactobacillus strain regulates emotional behavior and central GABA receptor expression – PNAS, 2011
- Messaoudi M. et al. – Assessment of psychotropic-like properties of a probiotic formulation (L. helveticus + B. longum) – British Journal of Nutrition, 2011
- Liu R.T. et al. – Reductions in anti-inflammatory gut bacteria are associated with depression – Journal of Affective Disorders, 2019
- Pinto-Sanchez M.I. et al. – Probiotic Bifidobacterium longum reduces depression scores and alters brain activity – Gastroenterology, 2017
- Berding K, Bastiaanssen TFS, Moloney GM, et al. Feed your microbes to deal with stress: a psychobiotic diet impacts microbial stability and perceived stress in a healthy adult population [published online ahead of print, 2022 Oct 27]. Mol Psychiatry. 2022
Un psychobiotique désigne un probiotique étudié pour son influence potentielle sur le bien-être mental via l’axe intestin-cerveau, ou gut-brain axis. Le terme a été proposé pour la première fois en 2013 par des chercheurs irlandais, notamment Ted Dinan et son équipe. À l’origine, il désignait un sous-ensemble de probiotiques susceptibles d’apporter un bénéfice aux personnes présentant des troubles psychiques.
L’intestin et le cerveau communiquent en permanence par l’intermédiaire de l’axe intestin-cerveau, une voie de communication qui implique le système nerveux et le microbiote intestinal présent dans le tube digestif. Le nerf vague participe à la transmission de ces informations entre l’intestin et le cerveau. Les bactéries peuvent également produire différents neurotransmetteurs, comme le GABA, la dopamine ou la sérotonine, ainsi que des métabolites tels que certains acides gras à chaîne courte. Ces substances participent aux échanges entre la flore intestinale et le système nerveux. Toutefois, les mécanismes précis restent encore étudiés et pourraient dépendre de la souche bactérienne concernée.
Non. Tous les probiotiques ne possèdent pas les mêmes propriétés. Chaque souche possède des caractéristiques qui lui sont propres et les effets observés avec une souche ne peuvent pas être automatiquement transposés à une autre, même lorsqu’elles appartiennent à la même espèce. Les psychobiotiques correspondent donc à des souches probiotiques spécifiquement étudiées pour leurs interactions avec l’axe intestin-cerveau et leurs effets potentiels sur le stress, l’anxiété, l’humeur ou certaines fonctions cognitives. Le choix d’une souche doit ainsi tenir compte des données scientifiques disponibles, plutôt que de considérer tous les probiotiques comme équivalents.
Ces quatre termes appartiennent à la famille des biotiques, mais ils ne désignent pas la même chose. ● Probiotique : micro-organisme vivant qui, lorsqu’il est administré en quantité adéquate, procure un bénéfice pour la santé de l’hôte. ● Prébiotique : substance, principalement issue de certaines fibres alimentaires, utilisée comme substrat par les bactéries du microbiote et susceptible de favoriser leur croissance ou leur activité. ● Postbiotique : préparation composée de micro-organismes inanimés et/ou de leurs composants, associée à un bénéfice pour la santé. ● Psychobiotique : probiotique étudié spécifiquement pour son action potentielle sur l’axe intestin-cerveau et le bien-être mental. Autrement dit, le terme psychobiotique décrit surtout une fonction et un champ d’action étudié, tandis que les termes probiotique, prébiotique et postbiotique désignent des catégories différentes de biotiques.
Oui. L’alimentation constitue l’un des principaux leviers pour soutenir l’équilibre et la diversité du microbiote intestinal. Les aliments riches en fibres apportent des substrats utilisés par les bactéries intestinales. Les fruits, les légumes, les légumineuses et les céréales complètes contribuent ainsi à fournir des prébiotiques à notre microbiote. Les aliments fermentés trouvent également leur place dans une alimentation variée. Pour soutenir son microbiote au quotidien, l’objectif consiste donc moins à rechercher un aliment miracle qu’à construire un menu varié et équilibré, riche en végétaux et en fibres. En cas de troubles digestifs, une adaptation alimentaire peut nécessiter l’avis d’un professionnel de santé.