Les maladies mentales et la micronutrition

Publié par : Gergana IvanovaGergana Ivanova 9 minutes

Afin de prévenir et lutter contre les maladies et troubles mentaux, la micronutrition constitue une solution nutritionnelle complémentaire et naturelle. Elle vise à corriger et optimiser le statut micronutritionnel de chaque individu afin de prévenir les maladies mentales et d’améliorer le bien-être général. On vous dit tout sur les micronutriments à privilégier pour favoriser une bonne santé mentale.

Qu’est-ce qu’une maladie mentale ?

Le trouble mental est un état de santé qui affecte essentiellement les fonctions mentales d’un individu. Un trouble psychique se caractérise par des changements qui affectent la pensée, l’humeur ou le comportement d’une personne. Les troubles mentaux désignent un ensemble d’affections dont les plus fréquentes sont les tendances dépressives, le stress, l’anxiété, les troubles de l’humeur. 

Par ailleurs, de nombreuses autres pathologies mentales sont susceptibles d’altérer le cerveau tels que le déclin cognitif et l’apparition de démence chez les personnes âgées.

La micronutrition pour optimiser la santé mentale

Comme disait Hippocrate, considéré comme le père de la médecine, “les aliments sont nos premiers médicaments”. De la qualité de notre alimentation dépend notre bien-être physique et psychique. En effet, un régime alimentaire sain et équilibré permet d’entretenir le cerveau, d’améliorer l’humeur, de réduire l’anxiété et de freiner le vieillissement cérébral. Malheureusement, avec l’alimentation moderne, nos assiettes se sont appauvries en micronutriments, ce qui influence notre état de santé.

L’alimentation moderne, par la consommation de produits de plus en plus transformés, raffinés, pauvres en vitamines et en fibres, peut engendrer des déficiences en certains micronutriments et avoir un impact sur la santé mentale et le fonctionnement du cerveau.

Une alimentation la plus équilibrée possible et adaptée aux besoins de chacun joue donc un rôle essentiel pour maintenir une bonne santé et le bon fonctionnement cérébral. En complément d’une alimentation saine, les compléments alimentaires représentent une excellente alternative pour combler vos apports.

Les minéraux bénéfiques au cerveau

Pour fonctionner correctement, le cerveau a besoin de nutriments spécifiques, notamment des minéraux.

D’une part, le magnésium soutient les fonctions psychologiques. C’est un cofacteur qui sert notamment à la synthèse de sérotonine, un neurotransmetteur largement impliqué dans de nombreux rôles physiologiques : cycle veille-sommeil, impulsivité, gestion de l’anxiété. (1) Il calme les signes physiques de l’anxiété et favorise la relaxation neuromusculaire. (2)

Son implication lors de la réaction de l’organisme à un stress est bien connue. (2) Sous l’effet de l’adrénaline, le calcium pénètre dans nos cellules. Cette entrée s’accompagne d’une fuite de magnésium dans les urines, augmentant ainsi l’excitabilité neuromusculaire et de ce fait la vulnérabilité aux autres stimulations. Ceci génère un état d’épuisement, c’est le cercle vicieux du stress.

Le magnésium peut aussi agir comme neuroprotecteur capable de moduler la régulation de la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique. Plusieurs études ont montré une relation entre les manifestations de réactions de stress comme l’anxiété et un déficit en magnésium. (3)

D’autre part, le sélénium est également un oligo-élément capital pour le cerveau. Il participe à la synthèse de neurotransmetteurs et aide à lutter contre le stress oxydatif. (2) Un faible statut sélénique a été associé à une augmentation de pensées négatives, de dépression, de l’anxiété. (4)

De plus, la prise quotidienne de 100 μg de sélénium durant cinq semaines en parallèle d’une alimentation riche en sélénium a permis de diminuer l’anxiété et d’améliorer l’humeur selon une étude. (5)

Les vitamines pour le bon fonctionnement cérébral

Les vitamines sont aussi impliquées dans la physiologie du système nerveux. Nombreuses d’entre elles sont utiles, en particulier les vitamines B1, B6, B9 et B12 :

  • La vitamine B1 permet l’utilisation du glucose par le cerveau, assure la production d’énergie et favorise l’influx nerveux. Une carence en vitamine B1 exposerait davantage aux états anxieux, à l’agitation et au déséquilibre émotionnel. (6)
  • La vitamine B6 participe à la synthèse de nombreux neurotransmetteurs (2), impliqués dans la régulation de l’humeur et du sommeil. En effet, la synthèse de la sérotonine à partir du tryptophane est catalysée par une enzyme dépendant du pyridoxal-5-phosphate, la forme active de la vitamine B6. Cette vitamine est un cofacteur important dans la conversion du 5-HTP en sérotonine, ainsi que de la tyrosine en dopamine et norépinéphrine. De même, il intervient dans la production de l’histamine et du GABA, impliqués dans la neurobiologie de l’anxiété et du cycle veille/sommeil. (7) Les personnes présentant des crises d’angoisse et étant vulnérables à l’anxiété présenteraient de faibles taux sanguins en vitamine B6 selon une étude (8).  De plus, la vitamine B6 favorise la pénétration du magnésium, minéral anti-stress, dans les cellules.
  • La vitamine B9 a deux rôles principaux, dans l’hématopoïèse et dans le bon fonctionnement du système nerveux.
  • La vitamine B12 est aussi un micronutriment essentiel pour les fonctions neuronales. Un déficit fréquent chez les personnes âgées est associé au développement de maladies neurodégénératives et aux troubles cognitifs (maladie Alzheimer, Parkinson) (9)(10). Au niveau moléculaire, elle est impliquée dans le transfert de radicaux monocarbonés, responsable de la synthèse de S-adénosyl-méthionine (SAM). (11) Cette molécule serait efficace dans le traitement de la dépression, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour vérifier son efficacité contre la déprime.

Tout comme les vitamines du groupe B, la vitamine C contribue au fonctionnement normal du système nerveux. De même, l’acide ascorbique connue pour son pouvoir antioxydant puissant pourrait modifier l’évolution des maladies neurologiques. (12)

Les acides gras : éléments essentiels au cerveau

Bon nombre de nutriments, dont les acides gras, sont indispensables à la fois au maintien de la structure et au bon fonctionnement des cellules nerveuses. (13) Les acides gras polyinsaturés (AGPI), en particulier les oméga 3 EPA et DHA, participent à la neurotransmission, à l’humeur et à la cognition. Les oméga 3 DHA sont connus pour contribuer au fonctionnement normal du cerveau. Les taux d’AGPI sont altérés dans divers troubles neurologiques, dont la maladie d’Alzheimer et la dépression majeure. (13)

Les acides aminés et neurotransmetteurs

Le tryptophane est un précurseur métabolique de la sérotonine et de la mélatonine. (2) Ce neurotransmetteur joue un rôle essentiel en particulier dans la régulation de l’humeur, de l’anxiété et du sommeil. Apporté par des aliments riches en protéines, il est néanmoins fragile et détruit par une cuisson prolongée et une chaleur intense.

Plusieurs études ont aussi montré l’intérêt du tryptophane dans l’anxiété. En effet, un déficit en tryptophane impacte directement la synthèse de sérotonine et favorise le développement de l’anxiété, l’augmentation de l’irritabilité et de l’agressivité. (14)(15)

La théanine est un acide aminé présent dans le thé et en particulier dans le thé vert. Elle est absorbée dans le sang à travers la membrane de l’intestin puis amenée au cerveau. Cet acide aminé aurait des effets relaxants, augmenterait la qualité du sommeil et la vigilance. (2)(16) La L-théanine augmenterait la concentration des niveaux de sérotonine, de dopamine et de GABA selon des études animales. (17) De plus, elle exercerait des effets neuroprotecteurs sur l’apprentissage et sur la mémoire. (17)

La micronutrition apporte ainsi des solutions complémentaires et intéressantes pour accompagner des pathologies mentales.

Sources :

  1. https://presse.inserm.fr/les-bases-neurobiologiques-de-lanxiete-3/1479/
  2. https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01757153/document
  3. Tarasov EA, Blinov DV, Zimovina UV, Sandakova EA. Magnesium deficiency and stress: Issues of their relationship, diagnostic tests, and approaches to therapy. Ter Arkh. 2015;87(9):114-22.
  4. Rayman MP. The importance of selenium to human health. The lancet. 2000;356(9225):233‐41.
  5. Benton D, Cook R. Selenium supplementation improves mood in a double-blind crossover trial. Psychopharmacology (Berl). 1990;102(4):549-50. doi: 10.1007/BF02247139. PMID: 2096413.
  6. Williams R.D. & al., (1983) Induced thiamine deficiency in man; relation of depletion of thiamine to development of biochemical defect and of polyneuropathy, Arch. Intern. Med. 71: 38-53.
  7. Les vitamines B coenzymées, directement utilisables par l’organisme. Nutra News : Sciences, Nutrition, Prévention et Santé. Déc 2008.
  8. Yasuhito M, Satoshi M, Moritoki E, Kiyoshi M. Low Serum Concentrations of Vitamin B6 and Iron Are Related to Panic Attack and Hyperventilation Attack. Acta Med. Okayama, Avr 2013;67(2):99-104
  9. Moore E, Mander A, Ames D, Carne R, Sanders K, Watters D. Cognitive impairment and vitamin B12: a review. Int Psychogeriatr. 2012 Apr;24(4):541-56. doi: 10.1017/S1041610211002511. Epub 2012 Jan 6. PMID: 22221769.
  10. Dong B, Wu R. Plasma homocysteine, folate and vitamin B12 levels in Parkinson’s disease in China: A meta-analysis. Clin Neurol Neurosurg. 2020 Jan;188:105587. doi: 10.1016/j.clineuro.2019.105587. Epub 2019 Nov 4. PMID: 31733593.
  11. https://www.hal.inserm.fr/tel-03338505/
  12. Kocot J, Luchowska-Kocot D, Kiełczykowska M, Musik I, Kurzepa J. Does Vitamin C Influence Neurodegenerative Diseases and Psychiatric Disorders? Nutrients. 2017 Jun 27;9(7):659. doi: 10.3390/nu9070659. PMID: 28654017; PMCID: PMC5537779.
  13.  Bazinet RP, Layé S. Polyunsaturated fatty acids and their metabolites in brain function and disease. Nat Rev Neurosci. 2014 Dec;15(12):771-85. doi: 10.1038/nrn3820. Epub 2014 Nov 12. PMID: 25387473.
  14. Klaassen T, Klumperbeek J, Deutz NE, van Praag HM, Griez E. Effects of tryptophan depletion on anxiety and on panic provoked by carbon dioxide challenge. Psychiatry research. 1998;77(3):167‐74.
  15. Young SN, Leyton M. The role of serotonin in human mood and social interaction: insight from altered tryptophan levels. Pharmacology Biochemistry and Behavior. 2002;71(4):857‐65.
  16. Nobre AC, Rao A, Owen GN, others. L-theanine, a natural constituent in tea, and its effect on mental state. Asia Pac J Clin Nutr. 2008;17(suppl 1):167‐8.
  17.  Nathan PJ, Lu K, Gray M, Oliver C. The neuropharmacology of L-theanine(N-ethyl-L-glutamine): a possible neuroprotective and cognitive enhancing agent. J Herb Pharmacother. 2006;6(2):21-30. PMID: 17182482.

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