La grossesse est un évènement heureux et nous avons souvent en tête l’image
d’une jeune maman épanouie avec son bébé dès les premiers jours de vie. Les
choses ne sont malheureusement parfois pas si douces et roses et certaines
complications ou facteurs extérieurs peuvent venir altérer ce joli tableau.
Certaines femmes enceintes ou jeunes mamans ne sont pas à l’abri de la
dépression.
Dépression pré et postpartum
Comme tout changement ou bouleversement, la grossesse peut représenter une
forte source de stress et de remaniements psychologiques chez la future
maman. Quand elle s’accompagne d’un état de déprime, on parle parfois de
dépression pré-partum.
Plus connue et plus fréquente, la dépression postpartum touche environ
15% des jeunes mamans
et se caractérise par une tristesse aiguë, une fatigue extrême et de fortes
angoisses. Cette dépression peut apparaître quelques semaines voire quelques
mois après l’accouchement. Il est important de la distinguer du babyblues
qui se produit généralement le 3ème jour après l’accouchement et qui est lié
à une chute hormonale.
Différents facteurs peuvent être à l’origine de la dépression post-partum :
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Complications à la naissance
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Difficultés pour allaiter
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Antécédents de dépression
Il est important de détecter le postpartum car il peut modifier la relation
et le lien d’attachement entre la mère et son bébé et altérer le
développement socio-affectif du nourrisson.
Alimentation et dépression
Il existe différents plans d’action afin de réduire les symptômes dépressifs
chez la femme enceinte. Le premier et le plus facile est d’agir au niveau de
l’alimentation.
En effet, l’alimentation est notre carburant, il est donc évident que
celle-ci va influencer sur notre condition physique et psychologique. Il est
donc important de suivre certaines recommandations pour favoriser le
bien-être mental. Par exemple, l’apport en protéines le matin est recommandé
afin d’apporter les acides aminés précurseurs de nos neurotransmetteurs
notamment la dopamine qui est responsable de la motivation et l’envie
d’entreprendre. Les
oméga 3
(présents dans le poisson, huiles colza et noix, les oléagineux) favorisent
une bonne transmission nerveuse et un bon fonctionnement du système nerveux.
Enfin, la consommation de tryptophane (présent notamment dans le fromage
frais type « cottage cheese », plus généralement les fromages dont le
parmesan) est le précurseur de la sérotonine, notre hormone du bien-être et
neurotransmetteur fondamental intervenant dans les symptômes dépressifs.
L’alimentation de la femme enceinte peut représenter une réelle piste de
prise en charge que ce soit pour la santé du bébé ou la sienne.
Nouvelles perspectives : intérêt de la vitamine D
Une
récente synthèse de recherches
semble apporter de nouvelles perspectives quant à la prise en charge de la
femme enceinte et la prévention de la dépression pré et postpartum. En
effet, parmi les facteurs alimentaires pouvant influencer les symptômes
dépressifs, la
vitamine D
est à nouveau mise en avant et pourrait être un élément clef. Cette revue
démontre que la vitamine D agit comme une hormone neuroactive et plusieurs
études concluent notamment que sa déficience altère les neurotransmetteurs
connus pour être impliqués dans les symptômes dépressifs (sérotonine,
mélatonine).
Plus récemment, il a été postulé que la vitamine D module les niveaux d’ions
calcium neuronaux responsables de l’apparition des symptômes dépressifs. Il
a été découvert qu’une carence en vitamine D peut entraîner une augmentation
de la concentration en calcium neuronal, ce qui augmente la dépression.
Enfin, la vitamine D intervient dans la neuro-immunomodulation et la
neuro-plasticité, deux mécanismes impliqués dans l’humeur. Ces données
confirment qu’il existe une réelle corrélation entre le statut en vitamine D
pendant la grossesse et la dépression pré et postnatale. Il est donc
essentiel de vérifier le statut en vitamine D chez la femme enceinte car la
déficience est fréquente pendant la grossesse.
La
supplémentation en vitamine D
peut donc être un moyen simple pour réduire les symptômes de dépression pré
et/ou postpartum. Il est donc primordial d’encourager les femmes enceintes à
suivre les recommandations actuelles sur les doses journalières recommandées
en vitamine D.
Recommandations des apports minimum journalier en vigueur selon le conseil
supérieur de la santé Belge :
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Age
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Vitamine D3,ug/jour
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0 -10ans
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10 µg (400 UI)
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11 – 70ans
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10 à 15 µg (400 à 600 UI)
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Grossesse / allaitement
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20 µg (800 UI)
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