N-acétylcystéine et son rôle dans la protection cellulaire et le glutathion

Publié par : Gergana IvanovaGergana Ivanova 6 minutes

La N-acétylcystéine est un acide aminé non essentiel, utilisé dans le domaine pharmaceutique pour favoriser la production de glutathion. Ce dernier est le plus puissant antioxydant du corps humain, mais procure également d’autres avantages. On fait le point sur ses nombreux bienfaits.

Qu’est-ce que la N-Acétyl Cystéine ?

La N-acétylcystéine, également appelée Acétylcystéine et abrégée NAC, est une molécule organique aux multiples fonctions. Ce composé organosulfuré est un thiol et présente dans sa structure un groupe sulfhydryle -SH.

L’acétylcystéine est un précurseur de la cystéine, composé d’un groupe acétyl. Une fois dans l’organisme, suite à une réaction de désacétylation, la N-acétylcystéine est rapidement transformée en cystéine. Le groupe acétyle est éliminé et l’on obtient ainsi de la cystéine.

N-acétylcystéine

La N-acétylcystéine, un dérivé synthétique de la cystéine

Le corps est capable naturellement de fabriquer l’acétylcystéine par une réaction d’acétylation. Grâce à des enzymes, dites acétyltransférases, un groupement acétyle -COCH3 est ajouté à la L-cystéine et forme ainsi l’acétylcystéine.

Si aucun aliment, d’origine végétale ou animale, fournit de l’acétylcystéine, elle peut toutefois être obtenue de manière synthétique. En effet, l’acétylation de la cystéine se fait notamment lors de la fabrication d’un complément alimentaire à base de cette molécule.

Découverte en 1899, sa fabrication industrielle à partir de la cystéine n’a été mise au point qu’en 1960. 

La cystéine, un acide aminé non essentiel aux multiples bienfaits

La cystéine est un acide aminé dit “non essentiel”, car elle peut être fabriquée par l’organisme lui-même. En revanche, elle est présente dans des produits alimentaires riches en protéines. Ses plus grandes sources sont le soja, la viande de bœuf, les graines de tournesol et l’avoine. Elle peut être également fabriquée par l’organisme à partir de la méthionine.

À noter, la cystéine et la méthionine sont les seuls acides aminés soufrés. La cystéine participe à de nombreuses fonctions métaboliques notamment la régulation de la neurotransmission par le glutamate, elle empêche l’oxydation, intervient dans la prolifération cellulaire et l’apoptose, la fonction mitochondriale et les voies inflammatoires.

La N-acétylcystéine et son rôle antioxydant

La N-acétylcystéine exerce un effet antioxydant d’une manière directe et indirecte. Elle présente un groupe thiol libre capable d’interagir directement avec les espèces réactives de l’oxygène.

Utile pour lutter contre les radicaux libres et maintenir ainsi l’intégrité cellulaire, elle est aussi intéressante dans d’autres conditions telles que l’apoptose et le dysfonctionnement mitochondrial.

La N-acétylcystéine, précurseur du glutathion

La NAC a également des propriétés antioxydantes indirectes en favorisant la production du glutathion, un puissant antioxydant intracellulaire. Le glutathion est un tripeptide composé de trois acides aminés : la cystéine, l’acide glutamique et la glycine. Cet antioxydant hydrosoluble est impliqué dans les mécanismes essentiels de régulation de l’équilibre oxydatif cellulaire. Il permet ainsi de protéger la fonction cellulaire des dommages causés par les radicaux libres et de réduire le stress oxydatif impliqué dans de nombreuses pathologies.

Nos réserves de glutathion diminuent avec l’âge, à partir de 45 ans. D’autres facteurs, comme l’activité physique intense ou certaines pathologies comme le diabète, peuvent aussi accélérer sa diminution. Une supplémentation peut alors être proposée.

Glutathion oxydé

Le glutathion, un rôle primordial dans les processus de détoxication cellulaire

Le glutathion joue également un rôle dans la détoxification des xénobiotiques (médicaments, métaux lourds, pesticides, additifs…). Les toxines qui s’accumulent dans l’organisme créent des dommages sur les cellules et les organes.

À titre d’exemple, une supplémentation de trois mois de 200 à 800 mg de NAC (les groupes de 400 et 800 mg divisés en deux doses quotidiennes) chez des travailleurs exposés à des niveaux professionnels de plomb a réduit l’accumulation de plomb dans les globules rouges et les séquelles oxydatives qui en découlent. Elle a aussi permis d’améliorer le statut glutathion des globules rouges.

D’autre part, la production de glutathion protège particulièrement les cellules hépatiques et joue un rôle important dans la détoxification du foie en cas d’intoxication selon quelques études préliminaires. La prise par voie orale dans les 20 heures qui suivent une intoxication au paracétamol et en moins de 72 heures pour les solutions injectables permet de rétablir le fonctionnement du foie selon une étude menée sur l’homme.

De nouvelles études prometteuses sur l’acétylcystéine

Acétylcystéine et troubles neuropsychiatriques

La principale molécule antioxydante dans le cerveau est le Glutathion. Sa diminution est l’un des plus anciens biomarqueurs en psychiatrie. De plus en plus de publications font état de ses avantages potentiels sur la dépression, la schizophrénie et les troubles bipolaires.

Acétylcystéine : anti-inflammatoire et anti-infectieux

L’acétylcystéine possède également des propriétés anti-inflammatoires. En effet, il diminue l’activité et la synthèse de certains médiateurs pro-inflammatoires, tels que les cytokines et le NF-kB.

De nombreux scientifiques ont mis en évidence son efficacité contre les pathologies des voies respiratoires et pulmonaires, dont la bronchite chronique ; en fluidifiant les sécrétions des bronches et améliorant la respiration. L’usage de la N-acétylcystéine sur plusieurs mois chez les patients souffrant de maladies pulmonaires a permis de réduire significativement les symptômes, selon une méta-analyse.

Acétylcystéine et addictions

Un certain nombre d’études suggèrent l’efficacité de la N-acétylcystéine dans certaines addictions (cocaïne, cannabis et tabac). À titre d’exemple, pendant quatre semaines de supplémentation en acétylcystéine à 2 400 mg par jour, la consommation de cigarettes semble être réduite volontairement d’environ 25 % selon une étude.

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