COVID-19

Sans relâche, les experts scientifiques nous informent quotidiennement de l’évolution de la pandémie COVID-19. Ces derniers semaines annonçaient des résultats encourageants quant à sa régression. Comme il s’agit d’un nouveau virus et qu’aucun vaccin n’est encore disponible, aucun expert ne peut exclure, à l’heure actuelle, une recrudescence des infections au coronavirus cet été ou cet automne.

Aussi la prise en charge du statut nutritionnel des personnes doit rester une préoccupation essentielle du secteur soignant.

Nous avons déjà abordé précédemment l’importance d’un bon statut en vitamine D (voir partie 1). Nous aborderons dans cette seconde partie les rôles de deux minéraux : Zinc et Sélénium,.

Ces oligo-éléments jouent un rôle dans le renforcement des défenses immunitaires face aux infections virales et notamment les coronavirus.

 

ZINC ET CORONAVIRUS

Petite histoire du zinc

Bien que découvert en 1509, le zinc ne fut reconnu comme essentiel que bien plus tard. Sa présence a été mise en évidence chez la plante en 1869 puis chez l’animal en 1934. Etant donné sa présence dans de nombreuses denrées alimentaires, personne, jusqu’en 1955, ne pensait d’une déficience en zinc puisse survenir chez l’homme. Au cours de cette année la « parakératose » fut identifiée comme une maladie causée par une carence en zinc. Aujourd’hui le zinc est reconnu comme cofacteur indispensable à une centaine d’enzymes impliquées dans diverses réactions métaboliques. C’est également un acteur essentiel au système immunitaire.

 

Anti-inflammatoire, antioxydant et aussi immuno-stimulant

Le zinc est clairement indispensable dans différents mécanismes de défenses immunitaires. Chez les sujets déficients en zinc, les données scientifiques montrent que l’activité de la thymuline sérique est perturbée. Or la thymuline joue un rôle crucial dans la maturation des cellules T-helper. Il s’en suit une diminution de la production des Th1 menant à une réduction des activités des cellules naturelles tueuses et des lymphocytes T. Ces lymphocytes sont impliqués notamment dans la destruction des virus et des bactéries.

De nombreuses publications scientifiques ont confirmé ce lien entre déficit en zinc et immunité antivirale réduite. Par exemple dans les cas d’infections aux virus de l’herpès, de l’hépatite C, du VIH et aussi d’épisodes de refroidissements.

Bien que datant d’une vingtaine d’années, une étude française, menée en double aveugle contre placebo, pendant 2 ans sur 725 personnes âgées de plus de 65 ans institutionnalisées montrait qu’après avoir été vaccinées contre la grippe, celles qui avaient reçu un supplément de zinc étaient moins sujettes aux infections respiratoires que celles ayant reçu le placebo.

Une méta-analyse plus récente confirme également que la supplémentation en zinc permet de réduire significativement la durée des symptômes chez les personnes victimes d’un refroidissement.

Aussi, certains scientifiques suggèrent la prise de 50 mg de zinc pour améliorer les défenses immunitaires contre le COVID-19.

 

SÉLÉNIUM ET CORONAVIRUS

Petite histoire du sélénium

Le sélénium a été découvert en Suède. En 1817, J.J. Berzelius est intrigué par la présence de dépôts rougeâtres sur les murs d’une chambre plombée d’une usine produisant de l’acide sulfurique. Il découvre ainsi le sélénium et appelle cet élément « selênê » du nom de la déesse grecque de la lune, et ce, par opposition au tellure, découvert peu avant (du latin : tellus, terre).

 

Pas tous égaux face au sélénium

La teneur en sélénium des aliments d’origine végétale dépend notamment de la teneur du sol en cet élément. Ainsi à travers le monde, on distingue des régions ayant un sol riche en sélénium et d’autres ayant un sol pauvre comme en Europe.

 

Sélénium et immunité

Le sélénium est un élément indispensable au fonctionnement de nombreuses sélénoprotéines. Parmi ces enzymes, on trouve : les glutathion peroxydases, la protéine de transport plasmatique Se (SePP) et les thiorédoxines réductases. Il joue un rôle crucial dans les défenses contre les infections virales via ses propriétés antioxydantes et son action sur l’équilibre rédox cellulaire. Tout état de déficience en sélénium peut modifier la fonction de ces protéines.  Cette déficience influence tant la réponse cellulaire à un stress oxydant que la réponse immunitaire.

 

CONSEIL A VOS PATIENTS

Les teneurs alimentaires en zinc et en sélénium dépendent fortement de la teneur du sol en ces éléments ainsi que de l’utilisation de fertilisants et/ou de pesticides pour traiter ces sols. Notre assiette habituelle ne couvre que très difficilement nos besoins quotidiens lors de situations habituelles. Aussi, pour toutes les personnes à risque ou ayant été infectées par le COVID-19, , il est préférable de leur recommander une supplémentation par voie orale est recommandée.

Une dose quotidienne de 55 µg par jour de sélénium sur 3 mois permettra de combler les carences et déficiences.

Pour le zinc, une dose quotidienne de 15 mg par jour sur 2 mois est à conseiller.

Gasmi A., Noor S., Tippairote T., Dadar M., Menzel A., Bjorklund G.  « Individual risk management strategy and potential therapeutic options for the COVID-19 pandemic. » Clinical Immunology, April 2020.